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Et si l’Afrique reprenait ses cerveaux?

Et si l'Afrique reprenait ses cerveaux?
Et si l'Afrique reprenait ses cerveaux?

On les a vus en première ligne face à la pandémie du COVID-19. Ces médecins africains qui exercent dans les pays riches. En 2012, ils représentaient déjà l’Afrique aura perdu en tout qui rejoindront les pays du Nord. et l’Afrique doit payer pour combler ce vide. Pourquoi les pays africains perdent-ils leurs cerveaux alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin ? pourquoi ne les emploient-ils pas partiellement à partir des pays riches où ils se trouvent ? De façon très générale, je n’ai pas vu un seul immigré africain qui n’est pas attaché à son pays d’origine et qui ne souhaite pas collaborer avec son pays d’origine.

En revanche, j’en ai vu beaucoup qui ont des obstacles à collaborer. Touché ! Je vous explique. À chaque crise sanitaire, on fait le même constat : les systèmes de soins des pays riches reposent de façon considérable sur des professionnels de santé étrangers. C’est le cas entre autres, des médecins originaires d’Afrique. donc la proportion des médecins qui exercent dans les pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] par rapport aux médecins qui sont dans le pays d’origine, exercent non pas en Angola mais dans les pays du Nord. De plus en plus, on observe un départ non plus de quelques uns mais une forme d’exode massif, sans que les États n’aient véritablement les moyens de réfréner ou de stopper cette hémorragie-là.

La situation est si grave et le déséquilibre si frappant qu’en 2008, les Nations Unies estimaient déjà qu’il y avait plus de médecins béninois en Île-de-France que dans tout le Bénin. On pourrait dire que ce que vit le Bénin, c’est ce que vivent la plupart des pays dAfrique subsaharienne. Que ce soit le Cameroun, que ce soit le Sénégal, que ce soit la Côte d’Ivoire, tous les pays qu’on pourrait citer, y compris ceux du Maghreb, souffrent énormément de la fuite des cerveaux.

– Le pire, c’est que ce sont les pays africains qui financent l’éducation et la formation de leurs cerveaux sans leur créer les conditions nécessaires pour les retenir sur place. Par exemple, certains pays comme le Zimbabwe, consacrent 30% des dépenses publiques à l’éducation. Cette proportion est de 20% au Sénégal, 20% au Burundi. Et parallèlement à ce déficit, vous avez une migration qualifiée qui va venir l’amplifier alors que normalement on devrait l’augmenter pour combler les déficits. Eh bien, c’est d’abord pour des raisons liées aux pays de départ. C’est-à-dire : Pour des questions salariales, pour des questions professionnelles, pour des questions de plateaux techniques qu’il n’y a pas dans les universités et les hôpitaux en milieux africains et parfois aussi malheureusement, c’est des questions de divergence d’opinions politiques avec les dirigeants des pays africains.

Il y a ensuite des raisons liées aux pays d’accueil qui les recrutent. ne sont pas né·e·s dans le pays où ils exercent. Le Monde les appelle : “des migrants dont les pays riches veulent bien”. Et il n’y a pas que l’Hexagone. Face à la pénurie mondiale, se sont tous mis à Et le phénomène touche tout le monde. C’est-à-dire que vous avez aussi des médecins français qui vont partir vers le Canada ou des médecins canadiens qui vont partir vers les États-Unis. Mais à la différence des Africains, les pays développés compensent cette migration qualifiée en attirant d’autres migrants en Afrique. Ce qui nest pas le cas des Africains, par exemple. Et ces programmes d’immigration sélective sont nombreux : la “Green Card” américaine, la “carte bleue européenne” ou encore “immigrer au Canada”. L’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade les appelait : Pour Daouda Maingari, l’Afrique ne peut et ne doit s’en prendre qu’à elle-même.

Même les États auprès desquels on se plaint vont continuer à capter les cerveaux si les pays de départ ne mettent pas sur pied des mécanismes suffisants pour rendre attractifs leurs systèmes et maintenir sur place les compétences qu’ils ont eux-mêmes formées. Les raisons qui poussent les cerveaux à fuir seraient donc les mêmes raisons qui les empêchent de revenir. – Un certain nombre de personnes lorsqu’elles sont formées ici [en Europe], dabord, on leur offre des postes et puis, quand elles essaient de rentrer au pays, parfois elles n’ont pas de propositions. Vous savez que par exemple dans un nombre de pays africains, le taux de chômage des personnes éduquées est très élevé. Donc parfois, ils n’ont même pas de perspectives. Et puis, pourquoi un médecin accepterait de rentrer dans son pays toucher deux voire trois fois moins que son salaire en Europe ? – On n’est plus dans les temps anciens où au nom de ce qu’on appelait le patriotisme, le nationalisme, des Africains restaient dans leur pays. Aujourd’hui, il faut que les États [africains] prennent conscience de cette donne nouvelle, celle de la compétitivité entre les États.

Et donc, puisque visiblement, l’Afrique n’arrive pas à convaincre ses cerveaux de revenir, Car on le sait, les diasporas africaines pèsent lourd. Si vous prenez juste l’Afrique subsaharienne, les flux annuels de ses transferts [d’argent], c’est plus ou moins 50 milliards [de dollars]. C’est l’équivalent de la dette publique au développement pour l’Afrique subsaharienne. Rien qu’en 2017, entre janvier 2013 et septembre 2017. Mais à côté de ça, il y a tellement d’autres impacts. Par exemple, on a trouvé que les migrants facilitent le commerce entre les pays d’origine et de destination. Ça facilite les flux d’investissements étrangers vers les pays d’origine. Parce que cette diaspora, Sans oublier le tourisme et tous les capitaux qui vont avec.

Prenons le cas du Maroc : – Au Maroc, parmi les 12 millions de touristes qui visitent le pays chaque année, Mais pour collaborer avec cette diaspora, il faudrait déjà que les pays africains Par exemple, moi, si je vous demande combien d’ingénieurs du Cameroun sont au Canada, il y a très peu de personnes qui peuvent vous donner des chiffres. Combien d’ingénieurs du Sénégal sont en Norvège, en Suède, il y a très peu de personnes qui peuvent vous donner de l’information. Or, ça, c’est une information de base. Si on veut mobiliser une diaspora, on doit avoir une vision très claire sur cette diaspora. Pour le chercheur Daouda Maingari, cela permettra par exemple, en lançant de grands projets en Afrique, d’accorder plus d’opportunités aux expatriés africains au lieu de faire appel à la main d’œuvre européenne ou américaine à compétences égales.

Toutes ces questions mises ensemble pourraient permettre si elles étaient bien affinées, de résoudre un tant soit peu le problème de l’exode des cerveaux. Mais ça n’enlève en rien la responsabilité que les États ont, à savoir : de régler la question des plateaux techniques, de régler la question salariale. Parce qu’on ne peut pas comprendre qu’aujourd’hui, des cadres aussi bien formés soient sous-payés. Et vous, pensez-vous que les pays africains négligent leurs cerveaux ? Et au fait, pourquoi les pays africains n’imprimeraient-ils pas plus d’argent pour mieux payer leurs cerveaux et les retenir sur place ? Pour en savoir plus, cliquez là ! Et pour vous abonner, cliquez là !

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