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Patrice Talon: « Dans quel pays au monde avez-vous vu la croissance profiter à tout le monde à la fois ? »

Patrice Talon: « Dans quel pays au monde avez-vous vu la croissance profiter à tout le monde à la fois ? »
Patrice Talon: « Dans quel pays au monde avez-vous vu la croissance profiter à tout le monde à la fois ? »

Au nombre des concepts en vogue chez les porteurs de normes, figure en bonne place celui de ‘’développement inclusif’’ qui met en lien le binôme développement et inclusion sociale. Il y a une telle obstination à ce propos que, dans les pays en développement notamment, un véritable procès en sorcellerie est fait, dirait-on, aux décideurs publics.

Il leur est reproché de se contenter de faire du chiffre à travers la croissance économique dont ils s’enorgueillissent, sans se soucier de son partage équitable sur le plan national ! Le président Talon se démarque à ce propos et invite ainsi à faire un aggiornamento, une remise en cause de ladite norme.

Le Bénin du président Patrice Talon n’échappe pas au procès sur le ‘’développement inclusif’’. Au détour de l’interview qu’il a accordée récemment à deux médias français, ses interviewers n’ont pu résister à l’envie d’y aller de leur tacle à propos de cette norme dont, semble-t-il, tout le monde doit faire sa religion.

Ce à quoi répondant, passablement agacé par la tournure de la question, le chef de l’Etat béninois n’y est pas allé de main morte : « Dans quel pays au monde avez-vous vu la croissance profiter à tout le monde à la fois ? », lance-t-il à ses vis-à-vis. Et d’enchaîner : « Nous sommes dans un pays libéral donc chacun gagnera en fonction des efforts qu’il a fournis.

C’est normal que les prouesses enregistrées en si peu de temps ne puissent pas impacter pareillement tout le monde », plaide-t-il, quand bien même « la croissance affiche de bons chiffres… », comme l’a affirmé le journaliste en face de lui. Il s’avère que 1 % des plus riches de la population mondiale possèdent environ 40 % des richesses mondiales, alors que la moitié la plus pauvre n’en possède pas plus de 1 %, selon les chiffres de l’Ocde. Que faire dans une telle condition, pour marquer ‘’l’inclusion’’ en question ? Vaste programme !

Une préoccupation obsessionnelle ?

En effet, les inégalités sont devenues un sujet de préoccupation majeure en économie politique du développement, depuis le Sommet mondial pour le développement social, tenu en 1995 à Copenhague, avec en pointe la problématique d’un développement économique et social inclusif indiqué comme un ‘’défi politique de premier plan’’.

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Aussi, en filigrane, la question formulée au cours de cette interview revenait à savoir si la croissance économique enregistrée au Bénin, ces dernières années, et saluée par les agences de notation et celles onusiennes comme la Banque mondiale ou le Fmi, a permis de générer un agenda cohérent de réduction de la pauvreté.

Ce à quoi, Patrice Talon, sans détour, a répondu : « Notre espoir est que l’action publique permette à notre pays de se développer de manière plus large, car une manière inclusive ne veut rien dire. L’eau et l’électricité impactent tout le monde. D’ailleurs dans deux ans, tous les Béninois auront accès à l’eau potable et à l’électricité dans deux ans et demi.

Nous faisons l’effort de faire un développement équilibré si vous êtes informés de ce qui se passe dans le pays. C’est une manière de faire profiter tous les Béninois de nos performances collectives », soutient l’homme du Nouveau départ qui vient de renouveler son bail pour le palais de la Marina.

L’Adn du Pag ‘’Bénin révélé’’

Et en cela, il a raison, car le Programme d’action du gouvernement qu’il a inspiré et porté en cinq ans a eu pour Adn les objectifs de développement durable, et jamais comme par le passé. Il lui est par conséquent aisé de soutenir que la croissance générée par son action à la tête du gouvernement répond aux défis relatifs aux inégalités criantes, aux faillites et aux barrières institutionnelles et aux vulnérabilités personnelles…

Tableau de bord frôlant l’électrocardiogramme plat dont il avait hérité. Et par conséquent, la croissance économique qui a découlé de son action ne peut être qu’inclusive, de par les réalisations qui impactent tous les Béninois, du nord au sud, de l’est à l’ouest, ne serait-ce que par le projet Asphaltage, le programme d’adduction d’eau qui a atteint des régions comme Dassa ou Savè où on disait qu’il était quasi impossible d’apporter l’eau potable…
Cela recèle un mérite indéniable, d’autant plus que, comme le soutient le chef de l’Etat, chose notable du reste, « …en 60 ans d’indépendance… le Bénin n’a réussi à donner aucun signe de développement… ». Mieux encore, à sa décharge, « Moins de la moitié des Béninois avait accès à l’eau potable en 2016 » lorsqu’il accédait à la fonction présidentielle : « …Le Bénin ne connait d’électricité que par épisodes et encore quelle qualité d’électricité… », apprécie-t-il, avant d’ajouter que des routes et des pistes « Le peu réalisé en 60 ans est mal fait… C’est une catastrophe. La santé, c’est pareil… », relève-t-il.

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Au-delà des normes et concepts

Dans un tel contexte, et c’est en cela que la norme de ‘’développement inclusif’’ pèche, on ne saurait juger pertinemment de l’inclusion sociale dans un pays comme le Bénin en fonction de sa seule croissance économique. Et à Patrice Talon de rappeler, à raison une fois encore, que « Nous avons atteint un niveau de démocratie admirable selon ceux qui nous observent, mais catastrophique selon les constats de développement qu’on peut faire au Bénin ».
La nécessité de lever les verrous de la pauvreté voire de l’inégalité par de la croissance économique est certes justifiée.

Mais toute proportion gardée, n’est-ce pas déjà le cas au Bénin, avec par exemple le programme de microcrédit aux plus vulnérables ? Les programmes visant la protection sociale proprement dite, dans les politiques publiques les cinq dernières années sous la férule de Patrice Talon, sont loin donc d’être résiduels.

Ce qui l’autorise à retoquer les propos de son interviewer tendant à laisser croire le contraire.

Source: Wasexo

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