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Condamnation d’Ajavon : le président Patrice Talon se prononce

Condamnation d'Ajavon : le président Patrice Talon se prononce
Condamnation d'Ajavon : le président Patrice Talon se prononce

Le président Patrice Talon s’est prononcé sur la condamnation de Sébastien Ajavon. Il a fait savoir qu’il aurait pu tenter d’intervenir en sa faveur mais faire pression sur la justice n’aurait pas été cohérent avec son projet de gouvernance exemplaire.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le Chef d’Etat béninois Patrice Talon a évoqué la condamnation de l’opposant Sébastien Ajavon par la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET) et le retrait du Bénin du protocole de la CADHP. Plusieurs personnalités politiques ont été condamnées par la CRIET dont Sébastien Ajavon. Pour certains, la CRIET est là pour broyer les opposants du régime en place. Mais pour le président Patrice Talon, il n’y a pas d’instrumentalisation de la justice au Bénin. « (…) nous avons estimé pertinent de créer une juridiction spécifiquement dévolue aux crimes économiques, au trafic de drogue et au terrorisme sur le modèle des pôles judiciaires spécialisés français et européens : la CRIET », a-t-il affirmé.

Pour Patrice Talon, le cas de Sébastien Ajavon prouve que nul n’est à l’abri de la reddition des comptes. « Lorsqu’il a été confondu pour les faits qui l’ont amené devant la Cour, Ajavon était un partenaire et un partisan, il avait trois ministres au gouvernement et nos relations étaient bonnes. J’aurais pu tenter d’intervenir en sa faveur mais faire pression sur la justice n’aurait pas été cohérent avec mon projet de gouvernance exemplaire », a-t-il précisé. Il a fait remarquer que sur plus de cinq cents condamnations prononcées par la CRIET, à peine dix concernent des acteurs politiques.

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Notons qu’en 2019, l’homme d’affaires Sébastien Ajavon a obtenu le statut de réfugié politique en France. En réponse à la question du journaliste de savoir si la condamnation par la CRIET n’est pas sujette à caution puisque Ajavon a pu obtenir le statut de réfugié politique en France, Patrice Talon répond : « L’Office français de protection des réfugiés et apatrides n’est pas que je sache une juridiction habilitée à diligenter des enquêtes judiciaires sur les lieux où le délit a été commis ». Patrice Talon a laissé entendre qu’il s’agit d’un établissement public administratif français qui délivre le statut de réfugié sur la base d’une simple instruction. « Quand on a été condamné chez soi pour des crimes économiques et qu’on a par ailleurs une casquette d’homme politique, cette dernière est souvent hélas l’arbre qui cache la forêt. Il suffit ensuite d’avoir les moyens de s’offrir de bons avocats et le tour est joué », a-t-il poursuivi.

Le président de la République du Bénin a également parlé du retrait du Bénin du protocole de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Selon les dires du président, ce n’est pas parce que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) pris fait et cause pour Sébastien Ajavon que le gouvernement béninois a décidé de ne plus reconnaître sa compétence. « Ce qui a motivé notre décision est la partialité dont la Cour a fait preuve dans un conflit jugé au Bénin, entre une banque française, la Société générale et un groupe de promoteurs privés insolvables et incapables de rembourser un crédit de 15 milliards de FCFA », a-t-il rappelé.

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Le fait que « la CADHP ait interdit, en février dernier à la banque de réaliser sa garantie – en l’occurrence un immeuble – afin de se rembourser a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a-t-il affirmé. « Depuis quand une Cour des droits de l’homme interfère-t-elle dans un conflit commercial ? Quelle est sa compétence en la matière. Qui dans ces conditions va investir au Bénin ou en Afrique si ce n’est des voyous prédateurs ? C’est à la suite de cela que notre retrait a été acté. C’était le dérapage de trop », a-t-il conclu.