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« Bénin pays de pagaille »: un ancien propos du président Patrice Talon devenu viral (Vidéo)

« Bénin pays de pagaille » : un ancien propos du président Patrice Talon devenu viral (Vidéo)
« Bénin pays de pagaille » : un ancien propos du président Patrice Talon devenu viral (Vidéo)

Un propos tenu par le président Patrice Talon depuis le 4 février 2017 est devenu viral. Il s’agit de « Le Bénin est un pays de pagaille ».

Le 4 février 2017, le président de la République du Bénin a tenu un propos qui est devenu viral. « Le Bénin est un pays de pagaille. Nous sommes un pays de pagaille », disait-il dans le temps. Aujourd’hui, cette déclaration est relayée par plusieurs médias et fait le tour de la toile. Après avoir consulté la vidéo, Bénin Check Info restitue les propos du Président pour permettre aux lecteurs de mieux apprécier. Même si dans bien des cas, elle est reprise en dérision avec beaucoup d’humour, il est important de faire attention à ne pas tomber dans le piège des propos sortis de leur contexte à des fins inavouées.

La déclaration du Président Patrice Talon dont on a pu retrouver la vidéo remonte au samedi 04 février 2017, soit plus de trois ans. Le chef de l’Etat béninois a fait ses déclarations dans le cadre d’une séance d’échanges avec la communauté musulmane. cette séance intervient suite à une opération controversée de libération manu militari des espaces publics anarchiquement occupés dans les principales villes du Bénin. Selon les autorités béninoises, cette opération était initiée en prélude au lancement des grands travaux d’urbanisation et d’asphaltage qui ont effectivement cours dans le pays.

Face à ses hôtes, le Président Patrice s’était en effet lancé dans un développement de persuasion sur la nécessité d’instaurer l’ordre. De son constat global, le Président de la République a exposé la situation dans des pays qu’il estime être « ordonnés », « disciplinés » en comparaison à ceux où selon lui, règne « la pagaille ».

« Il y a des pays au monde qui sont très ordonnés. Quand vous allez en Europe, les pays d’Europe du nord sont très ordonnés. Ils l’ont bâti avec le temps parce qu’ils sont eux-mêmes de tempérament disciplinés, ordonnés. Mais, moi je ne pense pas que Dieu ait créé l’homme en créant certains disciplinés ordonnés et en créant d’autres pagailleurs. Je ne pense pas. Je pense que l’histoire des peuples qui instaure l’ordre, la discipline. C’est l’histoire des peuples. Et on voit beaucoup d’Africains dans ces pays, qui vivent bien, qui respectent l’ordre », a-t-il commencé.

« Il y a d’autres pays qui sont moins ordonnés. Quand on descend vers la méditerranée, les pays d’Europe du sud, on sent qu’ils sont moins ordonnés. Quand on va en Amérique, on constate les mêmes choses. Quand on va vers les régions tropicales, on constate la même chose, moins ordonnés, moins disciplinés. Et plus on s’éloigne des tropiques, je ne sais pas pourquoi c’est comme ça, mais, c’est l’histoire peut-être de l’humanité, le climat, la façon de vivre impactent les cultures et les habitudes », a ajouté le président Patrice Talon.

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Dans ses observations, le Chef d’Etat béninois a aussi noté un contraste. Des pays ordonnés, disciplinés qui sont entourés de pays de pagaille.  « Dans les tropiques aussi, il y a des pays très ordonnés qui ne l’étaient pas il y a 20 ans, il y a 30 ans, mais qui sont devenus ordonnés. Moi je vois le Rwanda avec admiration, toute le monde en parle. Je vois le Botswana avec beaucoup d’admiration, le Malawi avec beaucoup d’admiration. Malgré leur ordre, leur discipline, leur avancée, leur développement, il y a autour d’eux, des pays qui également sombrent dans la pagaille ».

C’est après avoir fait son tour d’horizon des pays à travers le monde que le Président Talon en est venu à la situation qui prévaut au Bénin. « Si la génération actuelle a des fils qui ont un moment donné la volonté de forcer un peu les choses, ça peut être difficile mais on peut accompagner cela malgré la difficulté. Le Bénin est un pays de pagaille. Nous sommes un pays de pagaille. Parfois nous sommes fiers de ça. Mais si nous sommes conscients de cela, nous pouvons commencer à changer tout doucement les choses pour nos enfants, nos petits-enfants », a déclaré Patrice à propos de son pays. 

Contribuer à faire changer les choses, selon lui, sera un acte de satisfaction pour la génération à l’origine du changement. « Quand après notre vie sur terre, nous serons dans l’au-delà, nous auront surement la fierté d’avoir contribué à changer ce que nous avons été nous-mêmes. On pourra dire,  » on a été pagailleurs mais nous avons mis en place les choses et puis, boom, le pays a changé. » ».

En classant son pays dans la catégorie des pays où règnent la pagaille, Patrice Talon a choisi des faits pour illustrer son propos. « Voilà un pays dans lequel les rues sont encombrées d’étalages. Parfois on s’assoit sur les trottoirs dans les rues et on joue aux cartes, adji, on fait le commerce – c’est vrai pour vivre-. Les week-ends, les samedis, les jeudis, on fait des veillées de prière dans les rues, les vendredis, on occupe les rues, les trottoirs pour prier sans gêne. Quand on veut faire des cérémonies, des fêtes, on barre les rues… Parfois le chef de quartier autorise, le maire autorise ou sans autorisation…. », se désole-t-il.

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Ce n’est pas tout. «  Quand moi j’étais enfant, il y avait plein d’arbres à Cotonou. Il y en a plus aujourd’hui. Au Bénin, on coupe les arbres, n’importe qui coupe les arbres. On en coupe à la maison, on coupe dans les rues. Mais, dans un pays ordonné, l’arbre concourt à la vie », a-t-il ajouté avant d’avertir : « Bientôt, on va prendre une loi pour interdire, que pour couper un arbre dans sa propre maison, il faut demander l’autorisation du maire. On va instaurer ça. Même si c’est difficile »

Visiblement environnementaliste, Patrice Talon pense qu’on devrait s’occuper des arbres comme des humains. « Si quelqu’un a planté son arbre, l’arbre a poussé, qu’il veut le couper, il n’a plus le droit parce que ça devient un patrimoine commun. Est-ce que quand on met son enfant au monde, on peut le frapper comme on veut, le tuer ? Non ! Parce que l’enfant devient la propriété de l’humanité. Et nous avons collectivement l’obligation de le protéger. C’est comme ça pour les arbres aussi parce que les arbres sont indispensables à notre vie ».

Au cours de cette séance d’échange, le Président s’est affiché comme un dirigeant ouvert à la critique. Il reconnaît que son régime peut faillir dans la méthode même si les ambitions sont nobles. « C’est vrai que parfois, on peut manquer de méthode. Au lieu de faire les choses lentement, doucement, on  est pressé et puis on veut faire les choses vite et on peut pécher parce qu’on a trop de volonté, on a la passion, on veut aller vite ». Dès lors dit-il, « il faut nous reprocher, nous critiquer parce qu’on veut aller trop vite. Ça, je suis d’accord. Mais, il ne faut pas nous critiquer en disant que nous n’aimons pas notre pays, nous n’aimons pas les musulmans, nous les chrétiens, on veut interdire les chemins de croix, on veut interdire les prières dans les rues, c’est pas cela ».