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Implication des agents de santé dans la campagne électorale: les syndicats montent au créneau

Implication des agents de santé dans la campagne électorale: les syndicats montent au créneau
Implication des agents de santé dans la campagne électorale: les syndicats montent au créneau

Le Collectif des syndicats de la santé désapprouve des démarches visant à contraindre le personnel de la santé à s’impliquer dans la campagne électorale pour la présidentielle de 2021. Dans un audio relayé sur les réseaux sociaux, le porte-parole du Collectif a fustigé le fait et dans la foulée, le Directeur départemental de la santé du Mono ayant exigé d’un médecin-coordonnateur de justifier sa non-implication dans la campagne électorale, a été relevé de ses fonctions. Pendant ce temps, les syndicats du secteur éducatif se muent dans un long silence…

Dans une correspondance en date du 29 mars 2021, le Directeur départemental de la santé du Mono, Dr Étienne C. Hounkonnou a exigé des explications du médecin-coordonnateur de la zone sanitaire Cbgh quant à sa non-implication dans le processus de la campagne électorale. Ceci, sur instruction du ministre de la santé, selon ladite note. “Il m’est revenu avec éléments probants que vous n’êtes pas dans le processus de campagne électorale. Sur instruction du ministre de la santé, vous voudriez bien me fournir dans les 24 heures et en 03 exemplaires, les raisons qui justifient ce non-respect des instructions de l’autorité”, lit-on dans la demande d’explication signée du directeur départemental de la santé du Mono. Un fait que désapprouve le Collectif des syndicats de la santé.

A travers une déclaration rendue publique, le porte-parole du Collectif, Adolphe Houssou déplore. « Les élections présidentielles pointent à l’horizon, les activités ont démarré et des déviances jamais vues au Ministère de la santé s’observent déjà. Nous faisons cette déclaration pour attirer l’attention des uns et des autres sur nos devoirs, nos droits et nos limites sur le plan administratif dans le cadre des activités électorales. Garder silence face à ces dérapages orchestrés au haut niveau ferait de nous, syndicalistes du secteur, des complices de la maltraitance de nos chers militants. Nous voulons, par cette occasion, rassurer le personnel que les syndicats ne sont mêlés ni de près ni de loin à ces organisations de campagne politique en cours dans le secteur », a expliqué le porte-parole du Collectif.

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Et de poursuivre « depuis le lancement des pré-campagnes et campagnes pour les élections présidentielles prévues pour le 11 avril 2021, les formations sanitaires et les administrations du secteur de la santé sont devenues des champs de bataille, de menaces, d’intimidations et de banalisation de la vie des populations sous la direction même des autorités du Ministère de la santé en violation des textes de la république et du serment prêté.

Ces séances sont convoquées par différentes autorités à divers niveaux de la hiérarchie avec comme instruction au personnel, tout le personnel de garde ou de repos est invité et qu’aucune absence ne sera tolérée. Quelle erreur ! Que disons-nous ainsi du droit à la liberté du personnel et du droit des malades qui seront abandonnés pour ces meetings politiques ? Sans scrupule, lesdites menaces sont mises à exécution à travers des demandes fantaisistes d’explication tous azimuts adressées aux agents sur instruction du ministre avec des intimidations et des menaces de radiation ».

Le syndicaliste Adolphe Houssou s’interroge toutefois sur l’implication de l’autorité ministérielle dans cette pratique. «…les courriers qui invitent ces agents aux réunions politiques mentionnent clairement, “sur instruction du Ministre de la santé“, première autorité du secteur…n’est-ce pas là, une profanation du métier et de l’administration du secteur ? ». Le Collectif des syndicats de la santé dénonce la pression politique qui vient s’ajouter à la démotivation des agents. Alors qu’on s’attendait à la fin de la politisation de l’administration publique, le constat reste tout simplement déplorable. On assiste à une forte politisation de l’administration sous la Rupture.

D’ailleurs, depuis le lancement de la campagne électorale, il n’est pas rare de découvrir sur les réseaux sociaux, des activités politiques organisées par médecins-coordonnateurs et autre personnel de la santé. Qu’en est-il du sort des patients en cette période de campagne électorale? Peut-on bien s’interroger. La lueur d’espoir née de la détermination du régime de la Rupture de combattre la politisation de l’administration publique semble se révéler être du leurre.

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Le Dds-Mono suspendu, les syndicats de l’éducation muets…

Dans un arrêté ministériel en date du 30 mars 2021, le ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin, a relevé le directeur départemental de la santé du Mono de ses fonctions. Si aucun article ne précise la raison justifiant cette décision du ministre, beaucoup estiment déjà que cela est lié à la correspondance exigeant d’un médecin-coordonnateur de justifier sa non-implication dans la campagne électorale. Pendant ce temps, les syndicats du secteur éducatif semblent indifférents à la situation.

En effet, plusieurs enseignants se constituent en mouvements depuis peu pour s’impliquer dans la campagne électorale. Après la polémique relative à l’exigence faite aux enseignants de préciser leur appartenance politique sur une fiche technique, lors des Législatives de 2019, la pression semble être maintenue sur les enseignants. Faut-il le rappeler, il y a quelques mois précisément le lundi, 13 janvier 2020, il a été exigé des enseignants de préciser sur une fiche technique d’identification des instituteurs, leur appartenance à l’un des deux partis politiques soutenant le chef de l’Etat: le Bloc républicain et l’Union progressiste ou autres partis.

Un fait qui a fait jaser la toile. Pour beaucoup, il s’agit d’une lutte hypocrite contre la politisation de l’administration. Le pot-aux-roses étant découvert, des sanctions avaient été annoncées à l’encontre du chef région pédagogique. Plus rien n’a filtré par la suite. Des enseignants Up aux enseignants du nouveau départ sans oublier l’association des enseignants Br, tout laisse perplexe quant à la lutte enclenchée contre la politisation de l’administration.

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