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Bénin – Arrestations : Nicéphore Soglo s’attaque à Patrice Talon

Bénin - Arrestations : Nicéphore Soglo s'attaque à Patrice Talon
Bénin - Arrestations : Nicéphore Soglo s'attaque à Patrice Talon

Dans une déclaration, le président Soglo dénonce les accusations de ‘’terrorisme’’ de ‘’blanchiment d’argent’’ et ‘’d’atteinte à la sûreté d’état’’. Fort de son expérience d’homme d’Etat, Nicéphore Soglo parle de : « piètres dérivatifs à la violence du pouvoir ».

Aussi, au nom de la Résistance nationale, demande-t-il à nouveau la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, notamment les victimes des dernières rafles Joël Aïvo Reckya Madougou Jean Alexandre Hountondji, Joseph Tamégnon, Ali Houdou, Garya Saka, Léopold Glin etc… la liste est longue sans oublier les anciens détenus tels que Laurent Mètognon, Jean Kpoton, Ferdinand Combetti…

DÉCLARATION POLITIQUE DE LA RÉSISTANCE NATIONALE

« Tout fossoyeur de la Démocratie est un fossoyeur de la Paix »

Pour tous les peuples, ayant eu la chance de bénéficier un jour des vertus de l’Etat de droit, et ayant apprécié avec bonheur le lien entre dignité, liberté et humanité, tout fossoyeur de la Démocratie est incontestablement un fossoyeur de la Paix.

Nous demandons que tous, nous soyons désormais convaincus de l’extrême radicalisation de Patrice TALON. C’est lui et lui seul qui porte l’entière responsabilité de tous les dégâts causés à la démocratie au Bénin.

C’est Patrice TALON en effet, un descendant du directeur du fort négrier français Saint-Louis de GREGOY à Ouidah, qui a décidé d’enterrer de son vivant, la démocratie au Bénin. Il est le principal fossoyeur des valeurs et principes sacrés inscrits dans le préambule et l’article 53 de notre Constitution.

*Nous sommes donc victimes*, depuis le 11 avril 2019, d’un coup d’Etat permanent, de la confiscation du pouvoir législatif, après un coup de force grossier et brutal, une série de forfaitures, une panoplie de lois iniques et liberticides. *Et c’est de façon criminelle et scandaleuse qu’une nuit, une Assemblée née dans le sang, la fraude et l’exclusion, présidée par le douanier VLAVONOU*, a ratifié cette forfaiture : *la falsification de notre constitution et l’installation du pouvoir personnel d’un dictateur.* Les exemples, il est vrai, abondent hélas dans l’histoire de l’humanité.

Devant la stupéfaction, puis la colère d’un peuple qui s’est distingué en 1990, en faisant de *notre pays le flambeau de la démocratie en Afrique, Patrice TALON n’a pas hésité une seconde, à faire tirer – à balles réelles – avec des armes à feu, par une soldatesque à sa solde, contre un peuple désarmé. Dans un pays qui faisait partie* de la fédération d’AOF sous domination coloniale française et qui a hélas pulvérisé, la criminelle loi DEFERRE (des gaullistes et socialistes), il a semé la mort, le deuil, la désolation. Les corps des innocentes victimes n’ont toujours pas été tous rendus aux familles. Quelle barbarie !
Des tribunaux d’exception, notamment la célèbre, cruelle et lugubre CRIET (Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme) *ont jeté dans les prisons, les culs de basse fausse, les geôles, les bastilles du régime tous les adeptes de la démocratie devenus des opposants du pouvoir en un mot, des pestiférés.*

Il est vrai, que Patrice TALON avait déclaré à l’épiscopat béninois, dans son jargon, qu’il allait ‘’compromettre la paix’’. Il faut en effet, toujours avoir à l’esprit, son ahurissante profession de foi. Citation :

*« Vous savez très bien, que dans les petits pays comme le nôtre, ce qui permet à un président en exercice d’être réélu avec assurance, ce n’est pas son mandat, ce n’est pas sa performance, ce n’est pas son résultat : c’est la manière dont il tient les grands électeurs, c’est la manière dont il tient tout le monde, c’est la manière dont personne n’est capable de lui tenir tête, d’être compétiteur contre lui. Quand tous les députés sont à sa solde, quand tous les maires sont à sa solde, quand tous les élus locaux sont à sa solde, quand tous les commerçants le craignent et sont à sa solde, quand tous les partis politiques sont affaiblis et sont à sa solde, quand vous n’avez pas de compétiteur, vous avez beau être mauvais, vous serez réélu.* » Fermez le ban !

Il n’est donc pas surprenant qu’il ait jeté sur les routes de l’exil, de nombreux opposants et réduit le droit de grève.
Toutes les occasions sont bonnes pour lui, de choquer, provoquer et humilier un peuple qu’il maltraite et affame en lui déclarant sans rire ‘’vous allez en souffrir mais vous ne pourriez rien faire’’. Jusqu’à quand ? Personne n’a oublié la stupéfaction d’un auditoire éberlué, à Berlin, quand il a déclaré qu’il allait modifier sans consultation de son parlement croupion, le droit de grève dans son pays, au mépris des syndicats des travailleurs et du peuple béninois. Et il qualifie son pays, considéré pourtant par l’écrivain Emmanuel MOUNIER de ‘’quartier latin de l’Afrique francophone’’ … de désert de compétence où règne la ‘’pagaille’’. Tout cela pour justifier la cohorte d’étrangers du pays de ses lointains ancêtres et du Canada, qui ont confisqué, au détriment des nationaux, tous les postes clé de notre économie port : aéroport, eau, électricité, téléphone, etc…

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*Décidément TALON est victime de sa diarrhée verbale : il parle trop, à tort et à travers* ; et l’on peut raisonnablement questionner son équilibre politique. Personne ne s’étonne plus des provocations de cet apprenti dictateur, qui a foulé aux pieds les acquis de la Conférence Nationale Souveraine de février 1990 dans notre pays. Il se croit revenu au temps béni de ses ancêtres, à ‘’l’Ere des Négriers’’, si bien dépeint par un spécialiste de la question : le grand historien français GASTON-MARTIN.

Depuis le 06 avril 2021, Patrice TALON est à nouveau un chef de guerre sanguinaire. Il a, selon les déclarations de Monsieur AGBENONCI, son ministre des affaires étrangères, « donné l’ordre à l’Armée d’utiliser tous les moyens… » dans la répression mortelle des manifestations politiques hostiles à toute prolongation de son mandat présidentiel, pourtant déjà clos le 05 avril 2021.

La Résistance Nationale, ne reconnait désormais plus, la légitimité au pouvoir dit de la ‘’Rupture’’, au-delà 05 avril 2021, date de fin de mandat de Patrice TALON en tant que Président de la République du Bénin. *Pourquoi ?* Le monde entier a encore en mémoire qu’il a *solennellement juré sur notre loi fondamentale, à Porto-Novo, que pour empêcher à nouveau le retour d’un état voyou – allusion à YAYI Boni – , qu’il allait inaugurer le mandat unique dans notre pays. A-t-il déjà oublié son serment ? Ou, est-ce encore une manifestation de la ruse et de la rage ?*

Son électorat se réduit comme une peau de chagrin ; et la dernière parodie électorale a montré au monde entier le rejet massif par le peuple du Bénin de son indice de popularité électorale qui est en dessous de 20%, en dépit de la fraude électorale généralisée : du bourrage des urnes, des votes à répétions, etc… tout cela dans un climat de militarisation de la vie publique et politique.

Et comme on pouvait s’y attendre, Patrice TALON s’engage à nouveau dans un ridicule cinéma politique, de diversion et de recherche de boucs émissaires, propre à toutes les dictatures. C’est la marque de ces régimes en manque de légitimité et qui se livrent à toutes sortes de mise en scène.
Les accusations de *‘’terrorisme’’, de ‘’blanchiment d’argent’’ et ‘’d’atteinte à la sûreté d’état’’,* constituent de piètres dérivatifs à la violence du pouvoir. On assiste même à un honteux et indécent spectacle, patronné par l’un des plus célèbres fossoyeurs de l’économie nationale, adepte des matchs amicaux, au chevet des innocentes victimes de notre peuple en larmes, dont il faudra craindre un jour la colère.

C’est à croire, que les fils ou héritiers des tortionnaires de la dictature militaro-communiste du PRPB de triste mémoire, qui ont sévi chez nous de 1972 et 1990, sont en train de prendre une revanche sanglante sur le Renouveau démocratique béninois et contre les valeurs et principes cardinaux de la démocratie.

Triste paysage d’un Bénin en larmes : pleure mon pays bien aimé. La gestapo semble de retour, avec le temps des purges, des rapts de personnalités politiques par des hommes en cagoule en pleine rue : *direction la BEF, la CRIET, les geôles du pouvoir dont la plus célèbre est la prison-bastille de MISSERETE. Car, il faut essayer de museler à tout prix toutes les voix dissonantes.* Le négrier Patrice TALON est ainsi à l’œuvre et notre démocratie si chèrement acquise depuis notre Conférence Nationale Souveraine, est jetée aux orties. Et pour se relever, notre nation ne pourra pas faire l’économie d’une nouvelle Conférence Nationale Souveraine avec comme principe cardinal : le consensus à valeur constitutionnelle, pierre angulaire de notre charte politique.

Et comme le relate le célèbre juge Angelo D. HOUSSOU, dans un livre désormais introuvable en librairie : ‘’Je ne suis pas un héros’’, l’apprenti dictateur TALON avait discrètement suivi la délégation du bantoustan du Bénin à Bruxelles. Il avait reçu, chacun à son tour, le mercredi 17 octobre 2012, à l’hôtel ‘’Château du lac’’, la nièce du Président YAYI et son médecin personnel. Et ensemble en présence de deux collaborateurs, ils avaient planifié l’élimination de son prédécesseur. La nièce et le médecin personnel devaient recevoir pour récompense chacun, un milliard de francs CFA. Il avait été, il est vrai, le principal soutien financier du futur président lors de sa campagne électoral. Il avait après cela : hérité des dix usines de coton de la SONAPRA. Et leur accord avait du plomb dans l’aile. TALON reste un homme d’affaire violent et sanguinaire, qui a fait semblant de transférer son patrimoine à ses proches mais qui méthodiquement fait main basse sur tous les rouages de notre économie.

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Voilà ce que sont devenus les inestimables acquis de notre Conférence Nationale Souveraine. Entre temps, *FOCCART, le plus proche collaborateur de De GAULLE avait, il est vrai, décrété en 1996 que ‘’le tandem KEREKOU-HOUNGBEDJI était le meilleur choix pour la France’’.*

On comprend dès lors, que TALON par sa violence et son mépris des souffrances de notre peuple, soit devenu le Président le plus haï de notre histoire contemporaine. Il n’empêche que certains de ses disciples osent dire encore que notre *Conférence Nationale de février 1990 est un « poison pour notre pays ».*

Pour la Résistance Nationale, la violence n’est pas et ne sera jamais, une solution pour résoudre les problèmes de la nation. *La violence est l’arme d’un Etat faible et souvent aux abois.*

Les propos de Patrice TALON dans le Zou, *s’inscrivent donc dans la droite ligne des méthodes de la traite négrière : opposer les Africains les uns aux autres.* On ne s’étonne plus alors du cortège de réformes mortifères, du recours à l’instrumentalisation de la violence, de la justice, de l’administration fiscale, du recours aux forces militaires et de l’utilisation des armes à feu, qui *ont été un choc pour le peuple béninois. Car comme le rappelait encore en 2017 un rapport de la Banque Mondiale,* notre pays, victime de la balkanisation de la fédération d’AOF a connu six coups d’état militaire sans que ne soit versé une goutte de sang. Car la plupart de ses chefs avaient, avec les contingents africains et malgaches, participé à la libération de l’Europe du joug nazi et fasciste. Ils s’étaient distingué par leur bravoure, leur discipline, leur professionnalisme. L’exemple le plus emblématique est celui du capitaine Christophe SOGLO, qui en 1946, était déjà l’aide de camp du ministre français de la défense.

Malgré les intimidations, l’exil, les arrestations arbitraires, la prolifération des bastilles, en un mot *l’oppression du peuple béninois, nous savons, en notre fort intérieur, que nous allons résolument,* comme le proclamait le révérend Pasteur Martin Luther KING, vers l’union, la libération de notre peuple en un mot, vers la Terre Promise.

*La Résistance Nationale condamne sans équivoque tout ce qui nous divise et exige l’arrêt de toutes les violences, en un mot : l’horrible, sadique et sanguinaire calvaire du peuple béninois.*

Elle appelle toutes les populations à intensifier notre résistance pacifique et non violente, si possible, la libération sans condition de tous les hommes politiques otages de Patrice TALON, l’arrêt des poursuites et rafles, l’annulation de toutes les décisions de justice à caractère politique, la décrispation générale du climat politique, le retour de tous les exilés, le rétablissement enfin de l’image d’un pays pionnier de la Démocratie que fut naguère la République du Bénin.

*La Résistance Nationale demande l’arrêt immédiat, de la honteuse, indécente et grotesque mise en scène du pouvoir despotique de Patrice TALON,* devant les victimes de la barbarie d’un sinistre dictateur d’opérette.

*La Résistance Nationale attache du prix à la préservation de l’image et de l’honneur de notre Armée Nationale. Elle a en effet solennellement pris l’engagement,* à la Conférence nationale souveraine, de ne plus se mêler des querelles politiques. Elle a alors décidé de protéger notre peuple et de défendre notre territoire contre toute atteinte à notre intégrité nationale.

*La Résistance Nationale demande à nouveau la libération immédiate de tous les prisonniers politiques,* notamment les victimes des dernières rafles : Laurent METOGNON, Jean Alexandre HOUNTONDJI, Joseph TAMEGNON, Ali HOUDOU, Jean KPOTON, Ferdinand COMBETTI, Joël AIVO, Garya SAKA, Reckya MADOUGOU, Léopold GLIN etc… *la liste est longue.*

Résister à la terreur d’un pouvoir despotique et dictatorial est un honneur et un devoir patriotique.

A l’appel de la résistance nationale, Peuple béninois lève-toi, debout jusqu’au retour de la démocratie dans notre pays.

La Victoire nous attend. Allons en rangs serrés vers la Libération nationale.

La Coordination Nationale de la Résistance Nationale.

Cotonou, le 20 avril 2021.

Nicéphore Dieudonné SOGLO
Ancien Président de la République
Ancien Maire de la ville de Cotonou
Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etats et de Gouvernements d’Afrique,
Créé en 2006 à Maputo sous le haut patronage de Nelson MANDELA

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