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Visite du pape en Irak: un voyage sous haute tension dans un pays instable

Visite du pape en Irak: un voyage sous haute tension dans un pays instable
Visite du pape en Irak: un voyage sous haute tension dans un pays instable

Le pape François entame une visite historique en Irak ce vendredi. C’est la première fois qu’un pape se rend dans ce pays, où les défis restent immenses et la situation sécuritaire particulièrement instable. Ce voyage durera trois jours, au cours desquels le souverain pontife se rendra à Bagdad, Najaf et Ur dans le sud du pays, puis à Erbil, Qaraqosh et Mossoul dans le nord.

Dans les rues de Bagdad, c’est par centaines que l’on compte les affiches à l’effigie du pape François. Des messages de bienvenue, relayés par les habitants, comme Ahmed, 36 ans : « Sa visite est importante, on lui souhaite la bienvenue ici ! Si Dieu le veut, ses efforts pour réconcilier les religions payeront, en particulier pour les chrétiens. J’espère que ça va promouvoir la paix ici, parce qu’on appartient tous à ce pays, on est tous des frères, musulmans ou chrétiens. »

Pour l’occasion, les autorités ont remis à neuf tous les sites que le pape visitera. Une première depuis des décennies, ironisent certains habitants : « Aujourd’hui, il y a même l’électricité dans la cité antique d’Ur, que le pape visitera à Nassiriya, lance l’un d’eux. Cela n’était pas arrivé depuis 4 000 ans ! C’est bien, ils se soucient soudainement des monuments historiques et des liens entre les religions. »

D’autres appréhendent cette visite, ils estiment que la situation sécuritaire n’est pas assez bonne. Comme Fatima, une Irakienne qui vit aujourd’hui aux États-Unis : « C’est dingue, ce n’est pas vraiment rassurant… Moi j’avais peur de venir. Je suis Irakienne et j’avais peur de revenir ici ! Même quelques minutes avant mon vol… j’ai failli annuler. »

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La visite du souverain pontife doit durer trois jours.

Impatience des chrétiens

Évidemment, cette visite est particulièrement attendue par la communauté des chrétiens d’Irak, qui s’est réduite comme peau de chagrin au fil des années. À Erbil, où le pape célébrera une messe, Artemis et sa soeur Um Fadi, la cinquantaine, ont encore du mal à y croire : « Voir le pape, c’était le désir de mon père et de mon époux. À l’époque, le pape avait l’intention de visiter l’Irak, mais il avait annulé, par peur qu’il lui arrive quelque chose. Aujourd’hui, il va venir mais c’est nous qui avons peur pour lui. »

À 50 km à l’ouest, Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d’Irak, se prépare depuis des semaines pour l’occasion. C’est une visite de la plus haute importance selon Abouna George, l’un des prêtres de cette ville : « Cela redonne de l’espoir, de l’enthousiasme, à tout le peuple irakien qui a tant souffert. »

Pour Sammar, l’un des habitants de Qaraqosh, cette visite décidera même du sort des chrétiens en Irak. « La visite du pape nous dira si les chrétiens resteront ou partiront, estime-t-il. Si les chrétiens seront à nouveau dignes ou pas ici. »

Un peu plus à l’est encore se trouve Mossoul, ville meurtrie, ville détruite par la guerre menée au groupe État islamique. Il ne reste plus que quelques dizaines de chrétiens ici, alors qu’il y en avait 45 000 en 2003. Sabah Aziz Ibrahim en fait partie. « J’aimerais bien lui transmettre des bonnes nouvelles, explique-t-il, lui dire que la sécurité est là et ce qui est passé ne revient plus. »

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Dès vendredi, le pape François se rendra à la cathédrale de Bagdad, cible d’un attentat meurtrier mené par le groupe Etat islamique en 2010. Puis dimanche, il se rendra dans le nord du pays, où la communauté chrétienne a, là aussi, souffert de nombreuses attaques. Amir Jaje est un frère dominicain irakien…

Message de réconciliation

La venue du pape est pourtant placée sous haute surveillance. À deux jours de celle-ci, une pluie de roquettes s’est encore abattue sur une installation militaire américaine. Mais le souverain pontife n’en démord pas : il foulera bien le sol irakien.

À la veille de son départ, ce jeudi, le pape François a encore adressé un message vibrant et très personnel aux Irakiens, évoquant leurs « années de guerre et de terrorisme » et appelant à « la réconciliation ». « Je désire tant vous rencontrer, voir vos visages, visiter votre terre, berceau antique et extraordinaire de la civilisation », a-t-il lancé dans un message vidéo.

La visite sera néanmoins tout aussi virtuelle pour une grande partie des Irakiens, qui devront se contenter de regarder le souverain pontife à la télévision, le pays étant placé à partir de jeudi minuit en confinement strict avec plus de 5 000 contaminations au Covid-19 chaque jour désormais.

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