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France : Marine Le Pen poursuivie en justice

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La cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen va devoir s’expliquer devant la justice pour des tweets datant de 2015: elle comparaît mercredi devant un tribunal correctionnel pour avoir diffusé des photos d’exactions du groupe djihadiste État islamique (EI).

Ces soucis judiciaires interviennent à 15 mois de l’élection présidentielle en France, pour laquelle Marine Le Pen est candidate. Déjà finaliste face à Emmanuel Macron en 2017, elle figure en tête au coude-à-coude avec ce dernier selon certains sondages.

La présidente du Rassemblement national (RN) est jugée pour avoir diffusé des photos issues de la propagande de l’État islamique sur les réseaux sociaux le 16 décembre 2015. Ce procès, qui a le «parfum de la persécution» pour Marine Le Pen, était initialement programmé en 2019 mais a été repoussé deux fois, à la demande de la défense puis en raison de la pandémie de Covid-19.

En réponse au journaliste français Jean-Jacques Bourdin, qu’elle accusait d’avoir «fait un parallèle» entre l’EI et le Front national (renommé depuis Rassemblement national) au cours d’une émission, Marine Le Pen avait relayé trois photos d’exactions du groupe djihadiste en y ajoutant les mots: «Daech, c’est ça!».

Tollé

Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d’un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et le corps décapité du journaliste américain James Foley, la tête posée sur le dos.

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Ces publications, quelques semaines après les attentats djihadistes de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015 (130 morts et des centaines de blessés), avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la gauche — alors au gouvernement — comme de la droite, et au-delà du monde politique.

L’eurodéputé français du RN Gilbert Collard, proche de Marine Le Pen, avait relayé le même jour la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire: «Bourdin compare le FN à Daech: le poids des mots et le choc des bobos!» Le parquet avait le jour même lancé deux procédures distinctes après un signalement de ces clichés par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve.

Après trois ans d’instruction, les deux responsables politiques sont poursuivis sur la base d’un article du Code pénal français punissant la diffusion de messages violents susceptibles d’être vus par un mineur: une infraction passible de trois ans de prison et 75’000 euros d’amende.

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«Discrimination»

Après s’être vu retirer son immunité parlementaire, en tant qu’eurodéputée puis en tant que députée, Marine Le Pen avait été inculpée en mars 2018, deux mois après Gilbert Collard. En septembre 2018, elle s’était élevée contre une expertise psychiatrique ordonnée par l’instruction – un examen cependant prévu par la procédure pénale. Dénonçant une «méthode» utilisée «dans les régimes totalitaires», elle avait déclaré qu’elle ne s’y rendrait pas.

«Marine Le Pen n’a jamais eu l’intention, ni même la conscience, de mettre en péril quelque mineur que ce soit. Elle a répondu à une attaque, une provocation d’un journaliste», a déclaré à l’AFP son avocat, Me David Dassa-Le Deist, dénonçant une «discrimination à l’encontre d’un leader politique».

En 2019, la défense de Marine Le Pen avait dénoncé une tentative de «limiter sa liberté d’expression», assurant que le texte de loi invoqué par l’accusation n’avait été jusque-là appliqué que «pour protéger les mineurs de pervers».

«C’est un procès politique», a affirmé de son côté Me Jean-Marc Descoubes, conseil de Gilbert Collard. «Il faut se rappeler qu’à l’époque on était à un an de la présidentielle, le contexte était extrêmement tendu», a-t-il souligné.

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