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Fermeture de frontières : ‹‹ La locomotive de l’Afrique de l’Ouest a surtout besoin du retour des investisseurs …›› le Nigeria subit

Fermeture de frontières: ‹‹ La locomotive de l’Afrique de l’ouest a surtout besoin du retour des investisseurs ...›› le Nigéria subit ...
Fermeture de frontières: ‹‹ La locomotive de l’Afrique de l’ouest a surtout besoin du retour des investisseurs ...›› le Nigéria subit ...

Le Nigeria, dans le besoin du retour de ses investisseurs, a commencé par subir les contrecoups de la fermeture de ses frontières avec les pays voisins. Un retour à l’envoyeur subit par le géant de l’Est suite aux répercussions sur ses voisins le Bénin, le Niger, le Ghana et le Togo.

Déterminé à éradiquer la contrebande de certains produits notamment le riz, consommé en grande partie par ses populations et stimuler la production agricole nationale, le gouvernement du président Muhammandou Buhari a fermé les frontières nigérianes depuis environ 3 mois. Pour le numéro 1 nigérian, cette mesure a eu un résultat positif dans la mesure où la contrebande du riz et même de l’essence a diminué entraînant ainsi la hausse des revenus douaniers. Sauf que visiblement, ceci ne correspond pas exactement à la lecture faite sur le terrain.

Ainsi, d’après une analyse faite par Dominique Baillard, journaliste de RFI dans l’émission « Aujourd’hui l’économie », de mardi 26 novembre 2019 relayée par 24haubénin.info, « les chiffres fournis par les douanes sont sujets à caution, la Banque centrale du Nigéria, elle, ne constate toujours pas d’augmentation des recettes douanières. Et sur les marchés de Lagos (la capitale économique, Ndlr), le bilan vire carrément au négatif », a indiqué Dominique. Elle continue en expliquant qu’« il est trop tôt pour voir », si le Nigeria a atteint en partie son objectif qui est d’inciter la production locale. Pour elle, « les mesures protectionnistes ont rarement les effets magiques escomptés ». Le prix du riz et de certains produits ont aussi augmenté au niveau des Etats proches des villes frontalières, Oyo, Osun, Ogun State et Lagos State selon le développement de Dominique Baillard.


Sur cette même lancée, elle poursuit : « Le président Buhari en sait quelque chose : en subventionnant la production de riz en 2015, après son élection, il a certes encouragé la riziculture nigériane mais il a surtout exacerbé la contrebande que les douaniers nigérians au mieux sont incapables d’endiguer, au pire qu’ils soutiennent activement, en fermant les yeux sur les convois illicites moyennant un pot-de-vin. Quant à la production industrielle nigériane, loin d’être dopée, elle est au contraire entravée par la fermeture de la frontière », a-t-elle déclaré. Cette situation peut être à la base de la disparition de certaines entreprises qui ne « peuvent plus importer les biens intermédiaires nécessaires pour leur production » aussi « parce qu’elles ne peuvent plus exporter », a-t-elle ajouté.

Toujours selon la même source, la dame de l’information soutient que : « si le Nigeria souffre de la contrebande qui a pris c’est vrai des proportions énormes, il demeure néanmoins le plus grand pourvoyeur de biens manufacturés sur le couloir entre Lagos et Abidjan. D’ailleurs sa balance commerciale avec ses voisins est excédentaire. Les industriels redoutent aujourd’hui de perdre définitivement des parts de marché au profit de concurrents étrangers ».

Sous un autre angle, la journaliste, Dominique Baillard renseigne que selon le FMI, « la locomotive de l’Afrique de l’Ouest a surtout besoin du retour des investisseurs pour gonfler la croissance encore très molle, trop molle. Insuffisante pour bénéficier à la population qui elle continue d’augmenter ».
« Depuis quatre ans, le PIB par habitant diminue, cela veut dire que les Nigérians s’appauvrissent. Mais les investisseurs sont sur la défensive, échaudés par les décisions brutales du président.
Les entrepreneurs locaux estiment que le gouvernement s’attaque au symptôme plutôt qu’à la racine du mal. Ils préféreraient qu’il concentre ses efforts sur la formation et le renforcement du service des douanes, mais ces propos ne trouvent pas d’échos à Abuja »
, a-t-elle déclaré.

Pour rappel, plusieurs démarches diplomatiques sont en train d’être menées pour une réouverture des frontières nigérianes.
Le jeudi 14 novembre dernier a eu lieu à Abuja; une rencontre tripartite entre le Nigeria, le Bénin et le Niger à l’issue de laquelle, il a été décidé la création d’une patrouille frontalière commune comprenant la police, les douanes, l’immigration, la marine et les services de sécurité de l’État des trois pays.